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<h1>Vaucelles</h1>
 
Coordonnées
 
Vaucelles
Adresse Association des Amis de l'abbaye de Vaucelles F-59258 Les-Rues-des-Vignes
Ville Les-Rues-des-Vignes
Région Nord-Pas-de-Calais
Pays / Région France
 
Téléphone +33 (0)3 27 78 50 65
Télécopieur +33 (0)3 27 78 57 80
 
 
E-mail a.vaucelles@wanadoo.fr
Site Internet www.vaucelles.com
 
Description
 
  "Vaucelles est née de la rencontre d'Hugues II d'Oisy et de Bernard de Clairvaux, c'était à Cambrai, le 16 mars 1131. Le premier était connu pour son opposition déclarée à l'évêque de Cambrai qui se disputait la suzeraineté de la châtellenie de Cambrai avec le comte de Flandres, ami d'Hugues. Connu aussi pour sa vie mouvementée avec, à son actif, moult méfaits, forfaits et attentats. Le second était l'abbé de Clairvaux, personnalité hors du commun connue dans l'Occident tout entier pour ses capacités personnelles de stratégie politique. Personnalité dotée en sus d'une grande force de caractère et animée d'une profonde spiritualité. Pourquoi était-il de passage à Cambrai? Il accompagnait le pape Innocent II à Liège où celui-ci devait avoir une entrevue avec l'empereur Lothaire III pour se faire reconnaître contre l'usurpation de l'antipape Anaclet II. C'est le double concours de sa sainte femme Heldiarde et de l'abbé de Clairvaux qui a ramené à une certaine tempérance le bouillant seigneur d'Oisy, lequel fit don à Bernard de son domaine de Ligescourt avec tout ce qu'il comportait ""d'appendances et dépendances, prés, bois, moulins, cours d'eau, serfs..."" Fin juillet-début août 1132, Bernard vint lui-même installer le premier groupe de moines parmi lesquels il désignait comme abbé, Raoul (d'origine anglaise), comme prieur, Albéric, et comme maître des novices, son jeune frère Nivard. Ainsi étaient fondée la 12ème fille de Clairvaux, 58ème abbaye de l'ordre de Cîteaux. Son nom ""Ecclesia Beatae Mariae Valcellensis"" : Notre Dame de Vaucelles. La dédicace à la Vierge Marie, autant que le choix d'un tel nom fait de la juxtaposition poétique de deux mots don ""Val"", se rattache directement à la tradition cistercienne. Ainsi Vallis cella pour Vaucelles, Clara vallis pour Clairvaux, Vallis clara pour Vauclair, Aurea vallis pour Orval... Dès sa fondation, Vaucelles fit l'objet de faveurs et de donations de la part de la seigneurie locale et de nombreux bienfaiteurs. Frédéric Barberousse en 1159, Philippe Auguste en 1192, les papes successifs et même le roi de France, Louis IX, accordèrent leur protection et dotèrent l'abbaye de Vaucelles qui devint bientôt ""une des filles les plus riches de Clairvaux"" ... Les moines se mirent tout de suite à l'oeuvre, défrichant, ""écobuant"", asséchant les ""paludes"" (marais), construisant aussi les édifices nécessaires à la vie monastique, d'abord un monastère de bois (huttes) puis rapidement, dès 1140, une première église en pierre et, dès 1166, un cloître et des lieux réguliers en dur. La prospérité ne tarda pas, tant sur le plan spirituel (communauté importante) que sur le plan temporel (création de centres d'exploitation rurale). L'abbatiat de Robert de Saint-Venant (1204-1238) est le plus long qu'ait connu Vaucelles au Moyen Age. Cet abbé fit ""fleurir le spirituel et le temporel"". Chroniqueurs et historiens s'accordent à rappeler les qualités ce cet homme incomparable qui sut négocier une paix entre Conrad IV et Saint Louis dont il était l'ami; Le roi de France prit sous sa protection l'abbaye de Vaucelles et que, mieux encore en 1261, il lui adressa une épine de la Sainte Couronne pour laquelle il venait de faire élever la Sainte Chapelle. L'abbé Adam de Wagnonlieu (1238-1252) construisit un aqueduc desservant toutes les pièces utilitaires du monastère. Son successeur, Guillaume de Gand (1252-1261) reconstruisit le cloître sur de plus vastes dimensions (conséquence de la construction de la nouvelle église). La frontière entre le royaume et l'empire est toute proche et l'abbaye sera souvent visitée et occupée. En octobre 1339, les troupes du roi d'Angleterre, Edouard III, arrivaient à Vaucelles : tout fut pillé, dévasté, brûlé. Pendant plus d'un siècle encore, la guerre sévira sur la région et l'abbaye. En 1359, Edouard III pille à nouveau le Cambrésis; en 1437 un intrus devenait l'abbé de Vaucelles (sous le nom de Jean VII de Crèvecoeur) avec l'aide du Comte de Ligne et par la force des armes; il fut déposé trois ans plus tard, mais sous son successeur, Arnould David d'Aré (1440-1460), et pendant la guerre des Ecorcheurs, le Comte de Ligne revint, pilla et saccagea l'église et l'abbaye. Nouvelles incursions encore sous l'abbatiat de Jacques IV de Fontaine (1460-1482) qui fut, à deux reprises, dépouillé par les Anglais ainsi que par les troupes du Duc de Brabant. La fin du XVe siècle permit à Vaucelles un redressement relatif et de courte durée. l'abbé Jean VII d'Epinoy (1482-1492) répare les édifices qui menacent ruine. Le Chapitre Général fait appel à la générosité des autres abbayes en faveur de Vaucelles et les moines furent autorisés à quêter dans les environs pour la réparation du grand cloître; cette autorisation fut même prorogée plusieurs fois en 1485 et 1487. Les travaux de restauration se poursuivirent sous les abbatiats de Jean d'Aix (1492-1498), de Michel I Césaire (1498-1512), de Gilles II de Nobescourt (1527-1545) qui fit réconcilier l'église, le cloître ainsi que le cimetière des moines qui avaient été profanés, et entreprit des travaux de restauration sur ces mêmes bâtiments ainsi qu'à l'aqueduc souterrain. Mais la guerre reprend, guerre interminable et sans cesse renaissante qui met aux prises les maisons de France et l'Autriche et trouble toute la fin du XVIe et le XVIIe siècles. L'abbaye cependant n'a rien perdu de son prestige : - en 1529, Louise de Savoie, mère de François 1er y séjourne avant de se rendre à Cambrai pour signer ""la paix des Dames""avec Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint. - en 1556, une première trêve est signée entre les représentants de Charles Quint et du roi de France Henri II au sein de l'abbaye. Cette trêve est rompue. A partir du 14 octobre 1558 et pendant 6 mois, de nombreux pourparlers auront lieu pour la rétablir. Ils aboutiront à la signature du traité de Cateau-Cambrésis en avril 1559. Vaucelles fit donc à nouveau les frais des guerres franco-bourguignonnes, puis franco-impériales. Une période d'accalmie apparut en 1545, Jean de la Rose (1545-1570) réussit en 1546 à obtenir de Charles Quint des lettres de protection pour l'abbaye. Dès le début de la guerre de Trente Ans (1635), les campagnes du Cambrésis furent à nouveau victimes du passage de la soldatesque. Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, des travaux de restauration seront ainsi régulièrement entrepris, par Michel Dailliet (1629-1658) et par Alexandre Caudron (1658-1673) qui répara toute la maison, en particulier le cloître et l'église où l'on vit apparaître un nouveau maître-autel, des stalles pour les moines et même des orgues. Vers 1650, les guerres franco-espagnoles faisaient rage et, en 1667, Louis XIV accordait des lettres de sauvegarde à l'abbaye afin d'éviter de nouveaux désagréments aux religieux. Le XVIIIe siècle marque un tournant dans l'histoire de Vaucelles. En effet, l'abbé Richard Moréno (1673-1720) qui préside, pendant 47 ans aux destinées de l'abbaye, a le temps et est à la hauteur de la tâche; il parvient à réorganiser sagement l'abbaye dont il défend prudemment les intérêts. Il décide de renouveler les constructions en faisant détruire toutes les parties anciennes de la ferme de la basse-cour, considérant comme ""barbare et gothique"" tout ce qui a été construit au Moyen Age. Vaucelles connut encore, à cette époque, la réalisation de grands projets. En effet, l'abbé Pierre Ruffin (1759-1780), nommé par le roi Louis XV, fit exécuter des embellissements considérables dans l'église. Le dernier abbé, Alexandre Peuvion (1780-1790), accompagné de quelques religieux prit le chemin de l'exile et mourut à Francfort sur le Main (10 décembre 1797). Tandis que le gouvernement révolutionnaire après avoir transformé Vaucelles en maison de retraite pour récollets, décidait la mise en vente des biens de l'abbaye. Dès 1795, les bâtiments de l'abbaye tombent dans les mains d'acquéreurs peu scrupuleux de l'histoire qui exploitent le site en carrière de pierres. En trois années, seront ainsi démolis les deux cloîtres, l'infirmerie, le réfectoire, la cuisine, la brasserie, le bâtiment des convers, la chapelle des étrangers, l'hôtellerie et l'église abbatiale. Le désastre s'arrêta là; l'occupation industrielle, agricole et privée qui s'ensuivit n'aggrava pas la situation jusqu'à son rachat, en 1971, par une société civile immobilière. Depuis, Vaucelles retrouve une place noble dans la vallée du Haut-Escaut; trente ans d'une détermination sans faille laissent augurer un bel avenir à cette abbaye qui, par des atouts majeurs vérifiés, est le haut lieu le plus significatif du patrimoine cistercien de la région."
 
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