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Adresse |
3, place Aristide Briand 08460 Signy-l'Abbaye |
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HISTOIRE 1. PERMANENCE D’UN VIEIL HABITAT Le nom de SIGNY fait pressentir l’existence d’une ancienne villa gallo-romaine : SINNI-ACUS. Les trouvailles confirment la continuité de l’occupation humaine: . Stèle de pierre d’un couple assis dans une niche sous un toit triangulaire : dieux domestiques ou stèle funéraire ? gallo-romaine au moins… (mars 1947 à la Charbonnière). . Vase en poterie rouge contenant 2605 pièces romaines de Commode à Gallien enfoui en 256 lors du passage d’une légion des derniers empereurs (juin 1865 à la Saboterie). . Fibule mérovingienne dite “à plateau” provenant d’une tombe de la nécropole franque (1908 au Bonhéry, trouvée par M. Collaye, agent du chemin de fer). AVANT LES MOINES: SIGNY COMPTAIT PEU, AVEC EUX: Il ENTRE DANS L’HISTOIRE …” Une des plus belles abbayes, voire la première en antiquité et en sainteté au Pays des Essuens”… note le Chartreux DOM GANNERON en 1639…En 1640, il la compte parmi les édifices les plus remarquables du diocèse de REIMS. Construite dans la solitude des forêts, elle est maintenant le centre d’une petite ville, fière de sa richesse et de ses imposants bâtiments”. 2. LA FONDATION Pour cette création cistercienne au diocèse de REIMS, il est permis de supposer l’intervention de St BERNARD auprès de son ami l’archevêque Renaud de Martigné, lors du concile de Reims (présidé par le pape INNOCENT II) en octobre 1131. Aux abondantes recrues d’IGNY, désirant une vie plus parfaite dans la solitude, le Chapître de la cathédrale fait donation d’un alleu dans le Porcien, aux confins du vaste domaine des Pothées. La Charte-Notice, rédigée après-coup en 1135, reconnait les dons des principaux bienfaiteurs. Figurent ainsi à titre de donateurs, quatre seigneurs: Henri de Grandpré Comte de Château-Porcien, Geoffroy de Ribemont, Clérembaud de Rozoy-sur-Serre et Raoul de Thour. 3. L’INSTALLATION Ainsi à l’Annonciation 1135, 12 moines arrivèrent d’IGNY, à 5 jours de marche par la voie romaine menant à Château-Porcien puis en remontant la vallée de la VAUX jusqu’à cette harmonieuse et antique clairière, ouverte dans la forêt de SIGNY par des défrichages bien antérieurs, en contre-bas du Gibergeon jaillissant. Leur conquête du sol, au XII°s, correspond aux enclaves en bordure de ce vallon comme celles de Tivoli, du Hurtault, du Faurigaud. 4. GUILLAUME DE SAINT-THIERRY Saint BERNARD devait tenir SIGNY dans une estime toute spéciale pour autoriser son ami et biographe GUILLAUME (Liège vers 1085-Signy 1148) ancien abbé du monastère bénédictin de SAINT-THIERRY, à y entrer comme simple moine cistercien. GUILLAUME fut le premier à alerter BERNARD sur les erreurs de’Abélard. La plus célèbre des œuvres théologiques et mystiques de GUILLAUME traite dela vie solitaire: “Lettre aux Pères du Mont-Dieu” écrite en 1143. Elle recommande aux Chartreux la plus grande simplicité de vie comme BERNARD le faisait aux Clunisiens… Elle se propagea sous le nom de LETTRE D’OR pendant tout le Moyen-Age et eu un très grand retentissement dans les monastères, elle sert encore actuellement de modèle pour la règle en usage dans les monastères du monde entier. Aussi longtemps que GUILLAUME fut à SIGNY le monastère se montra d’un haut idéal de vie, un modèle exemplaire d’abbaye cistercienne. Plus tard, le domaine s’aggrandit et fut fructueusement exploité. 5. CONSTRUCTIONS . XII°s : CHANTIERS D’INSTALLATION Chantier 1 (1135 - 1156) église I (chœur) Chantier 2 (1135 - 1156) cloître I ( galerie EST, Chapître) (1156 - 1174) cloître II (galerie EST) . XIII°s : ACCROISSEMENTS Chantier 1 (1217 - 1226) cloître II (galerie SUD) chauffoir des moines (1217), refectoire (1226) Chantier 2 (1226 - 1254) cloître III (galerie EST) nouveau Chapître 2b(1254 - 1264) cloître III (galerie EST) terminé : dortoir JONCTION AVEC LE CHANTIER 1 (1264) Chantier 3 (1226 - 1306) nouvelle église (II° … ou III° …) .XIV°s :AGRANDISSEMENT DU MONASTERE et TRAVAUX DE L’EGLISE .XV° et XVI°s : TRAVAUX IMPORTANTS A L’EGLISE - Dédicace en 1514 d’où son aspect d’église-halle sur la gravure de Chastillon (1650) . XVII°s :REMISE EN ETAT (1672) après - Les dévastations de 1568 (calvinistes) - L’incendie de 1650 (guerre) CONSTRUCTION DU MUR DE CLOTURE (1686 - 1692) .XVIII°S :NOUVEL ACCROISSEMENT 1753 : Cloître IV (…ou V ) aile EST 1° pierre - non terminée 1724 : Palais abbatial de Louis-Abraham d’HARCOURT (Rue du Château) 1780 : Nouveau bâtiment conventuel. 6. LA COMMENDE A partir de 1550, l’abbaye entre en commende et devient dépendante de l’Administration Royale.Aux abbés réguliers succèdent de grands seigneurs : Charles de BOURBON oncle d’HenriIV (37° abbé), Antoine de BOURBON fils naturel d’Henri IV (40° abbé), Armand de RICHELIEU ministre de Louis XIII (41° abbé)Louis-Abraham d’HARCOURT (45° abbé), Louis-Aimé de BOURBON fils naturel de LOUIS XV (48° abbé), Arthur-Richard de DILLON, Président des Etats du Languedoc (49° et dernier abbé). Le XVIII°s a vu les vocations s’épuiser. Pourtant la puissance économique du domaine n’est pas affectée et même l’aide monastique aux plus démunis est énorme : L’Abbé MATHY assure que sur 400 feux, moins de 40 étaient en état de s’en passer. 7. LA REVOLUTION Pourtant la Révolution lui porte un double coup mortel : - A la Déclaration du 4 août 1789, l’abbaye n’existe plus en tant que seigneurie. - Le 13 février 1790, le décret de suppression des ordres religieux disperse la communauté. Hormis la CROIX DES CONVERS, témoin des violences de 1226, et les bâtiments annexes devant l’entrée sud vers le village : Hostellerie, Grangia “juxta abbatiam”,Maison du procureur … tout fut vendu, démonté, utilisé dans les nouvelles constructions…Même l’église. Le Palais Abbatial de 1724 partit à RETHEL. Sur les 3948 volumes de la Bibliothèque, moins de 300 subsistent à CHARLEVILLE ou à la Bibliothèque Nationale. Reste le terroir façonné par les moines : enclos conventuel, marqué par 650 ans de vie monastique, moulins, forges, étangs, dérivations, granges, vergers, forêt, vestiges du domaine éclaté qui ne demande qu’à revivre. La terre restituera-t-elle un jour les secrets enfouis ? |