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<h1>Saint-Maurice de Carnoët</h1>
 
Coordonnées
 
Saint-Maurice de Carnoët
Adresse Domaine abbatial de Saint-Maurice 29360 CLOHARS-CARNOET
Ville Clohars-Carnoët
Région Bretagne
Pays / Région France
 
Téléphone +33 (0) 2 98 71 65 51
Télécopieur +33 (0) 2 98 71 51 4
 
Contact G. Guillouzouic
 
E-mail saintmaurice@wanadoo.fr
Site Internet www.cloharscarnoet.com
 
Description
 
  "Maurice, l'enfant modèle, le moine dévoué Vers 1113, à Croixanvec, au cœur de la Bretagne, naît Maurice d'une humble famille de paysans. Dix ans plus tard, la famille Duault passe du diocèse de Cornouaille à celui de Saint-Brieuc. L'école de Loudéac reçoit Maurice avec chaleur car il montre un grand enthousiasme à étudier. Un jour de classe, son père lui demande de surveiller les champs qui viennent d'être ensemencés. Maurice accepte, mais voyant une horde de corbeaux tournoyer au-dessus des terres, il leur ordonne de le suivre et les enferme dans la grange familiale. Il peut ainsi suivre les cours de la journée et le soir libère les pillards qui, selon la légende, ""oncques ne revinrent"". Maurice gravit les échelons avec une étonnante facilité. De Loudéac il aurait rejoint les écoles supérieures parisiennes. Professeur, Docteur, sans doute avait-il un bel avenir mais il choisit plus modestement d'entrer dans les Ordres. ""Voilà la loi sous laquelle tu veux combattre ; si tu peux l'observer, entre ; sinon pars en toute liberté"", disait Saint Bernard. Maurice accepte cette vie de perpétuels sacrifices et gagne rapidement l'estime de ses frères moines par ses vertus. Il est élu père abbé de Notre-Dame de Langonnet seulement trois ou quatre ans après son arrivée ; Maurice n'a que 30 ans. Il restera à la tête du monastère durant trente longues années. Et puis le duc Conan IV, proche de la mort, voudra remercier à sa manière le saint homme, à qui il avait pu se confier et profiter des bons conseils. Maurice se sentira obligé d'accepter cette nouvelle mission. Le décès du duc provoquera des heurts politiques qui retarderont le voyage de Langonnet à Carnoët, à dix lieues de là. En l'année 1177, Maurice, accompagné d'une douzaine de moines, traverse la forêt de Carnoët, débouche sur le Staernadred et mesure alors l'étendue de la tâche. Cet endroit était, selon la formule consacrée, ""un lieu d'horreur et de vaste solitude"", coincé entre la forêt habitée par des loups qui ""déchirent de leurs morsures non seulement les troupeaux mais les hommes eux-mêmes"" et les rives de l'Ellé, devenue Laïta, creusées de galeries où pullulaient les rats qui s'attaqueront jusqu'aux chaussures des moines, qu'ils gardaient pourtant pour dormir. Maurice œuvre à l'organisation de cette jeune communauté : défrichement des coteaux, aménagement des premières terrasses en verger et potager, entretien du cheptel. Beaucoup de travail restait encore à accomplir lorsque Maurice dut rendre son âme à Dieu. Il est emporté le jour de la Saint-Michel, le 29 septembre 1191. Le principal souci du successeur de Maurice est d'obtenir sa canonisation. Tant de légendes ont couru à son sujet qu'il serait inconvenant même inconcevable que Maurice tombe dans l'oubli du cloître. Il a fait venir deux immenses corbeaux à l'abbaye pour chasser des rats mangeurs de sandales, il a rempli de vin un tonneau qu'un marin distrait avait laissé se vider par mégarde, il entraînait les oiseaux à sa suite dans la forêt de Carnoët, et puis surtout, il a sauvé de la maladie et de la mort tant de ses fidèles, tel ce jeune garçon qui se noyait dans le bief d'un moulin. Même, après sa mort, il continuait à guérir les jeunes enfants atteints de convulsion. Il est vrai que les faits miraculeux attribués à Maurice Duault nous laissent aujourd'hui sceptiques, si l'on ne tient pas compte de la vie et des vertus des moines de l'époque. D'ailleurs la croyance populaire était si forte que Dom Cabocel multiplia les enquêtes et attendit longtemps une approbation du Saint-Siège. Honorius III finit par répondre de manière éloquente : ""Mandatons pour de nouvelles enquêtes Jean, évêque du Léon, et Daniel, abbé de Sainte-Croix de Quimperlé, afin d'informer de la vie et des miracles de Saint Maurice, autrefois abbé du monastère cistercien de Carnoët"". Sept ans plus tard, le Chapitre général de l'Ordre cistercien interdit toute tentative de canonisation. Sa position est claire : celui qui a choisi l'oubli du cloître sa vie durant n'a droit en aucun cas, d'entrer en sainteté après son départ. La volonté du peuple sera la plus forte et tout naturellement le Benoît Moustier Notre-Dame de Carnoët prendra le titre d'Abbaye Saint-Maurice. Jusqu'à la Révolution Au départ, les moines prêtres font appel aux convers, en général des paysans, qui se mettent au service de la communauté pour échapper au servage et vivent autour du cloître avec leurs congénères. Les terres du Letty, au nord-ouest du domaine, sont les lieux où se met en pratique le faire-valoir direct. Les convers travaillent eux-mêmes la terre, et ni le duc, ni la paroisse de Clohars n'ont le droit de réclamer quelque impôt. Mais le domaine s'agrandit par donations des seigneurs ou même des particuliers. Les convers ne peuvent exploiter toutes ces terres et un nouveau système se met en place. Les parcelles proches de l'abbaye sont travaillées par les métayers qui donnent seulement trois gerbes sur cent pour impôt et rendent de menus services à la communauté. Les autres ""tenues"" sont dispersées sur la paroisse et en Moëlan, Pont-Aven, Névez, Guidel, jusqu'à Carhaix. Pour ces terres éloignées, les paysans sont en fermage, c'est donc en argent comptant qu'ils rendent une partie du bénéfice des labours et de l'élevage. Les moines tiraient aussi parti des pêcheries et sécheries à Doëlan et des moulins jusqu'à Pont-Aven. Jusqu'à présent le père abbé était élu par ses confrères mais en cette fin treizième siècle les premiers relâchements se font sentir et le pape Grégoire XI ordonne la nomination des pères abbés par le Saint-Siège. C'est les prémices au Concordat de Bologne, 1516, qui donne aux séculiers la tête des monastères. Le roi et les seigneurs vont en tirer parti pour placer leurs préférés : le régime de la Commende est né. En 1557, Jean Eude du Vivier fait serment de fidélité au roi. Il commence par vendre les terres de l'abbaye, et, passé au protestantisme, s'empare des cloches de l'église, livre le bronze à ses amis de La Rochelle qui en feront des canons. Puis il se démit de son titre, laissant la place à son frère, recteur de Moëlan, et arma des navires pour commercer avec le Brésil. Le XVIIème et la réforme de l'Observance de la Règle (Stricte ou Etroite) ordonnée par Cîteaux, poussent les croyants à se rapprocher à nouveau de leurs églises. A Clohars, les chapelles de St-Jacques et St-Maudet sont restaurées. A l'abbaye, Guillaume Riou, nouvel abbé, travaille à rétablir le temporel, à recouvrer les terres aliénées par Jean Eude. Il fut inhumé en 1641 dans l'église abbatiale, comme son prédécesseur, ce qui montre un réel attachement à la maison de Dieu. Le retour aux sources durera encore quelques temps avec la nomination de Pierre Chevé qui était déjà sous-prieur à l'abbaye et originaire de Prières, premier monastère de Bretagne à se soumettre à l'Etroite Observance. Il sera le dernier abbé régulier de Saint-Maurice car Pierre-Guillaume de la Vieuxville profita de solides appuis du roi pour prendre la succession et conserver le titre pendant 46 années, il était déjà vicaire général, supérieur de la cathédrale de Nantes et devint évêque de Saint-Brieuc. L'Ordre des Cisterciens répliqua et nomma le Père Grantin, prieur de l'abbaye, au rang de pro notaire apostolique, il obtint le droit à la mitre, crosse et habits pontificaux. Mais les pouvoirs du Roi et du Clergé seront bientôt mis à rude épreuve par le Tiers-état... La tension qui règne entre les pouvoirs seigneuraux et les gens du peuple tourne finalement en faveur du Tiers-état. Le 11 octobre 1790, les trois religieux de Saint-Maurice se présentent à la municipalité de Clohars et déclarent qu'ils renoncent à la vie commune. Seul reste sur place Dom Launay, dans la maison des commendataires qu'il a louée, et s'occupe du jardinage. Quelques années plus tard, il a affaire à de soi-disant chouans. Les actes municipaux racontent : ""Le 21 Nivose an 7, environ midy, s'est présentée à l'administration la bonne du citoyen Launay, demeurant à Saint-Maurice, laquelle a déclaré que des malfaiteurs sont entrés chez son maître, l'ont garrotté et mené hors de chez lui et qu'ensuite ils ont pillé ce qui s'est trouvé dans la maison."" Les brigands l'ont entraîné près du Rocher aux Moines où venaient se recueillir les prieurs, l'ont forcé à s'agenouiller et à rétracter son serment de prêtre jureur. Les dilapidations avaient commencé dès le 23 novembre. L'inventaire avait eu lieu le 25, mais annulé pour irrégularités et effectivement, le mois suivant, le commissaire comptabilise 100 volumes de plus et une vache en moins ! Le premier inspecteur aurait éventuellement été influencé par le bon vin qui vieillissait dans les caves... Par ailleurs, la municipalité réclama plusieurs fois un ostensoir, un ""beau soleil doré"", en vain, et le reliquaire, qui finit tout de même par revenir. Acquérir pour préserver Le monastère est vendu comme bien public au chirurgien Lohéac. Pour payer, il fait abattre du bois à la grande joie des bûcherons et des sabotiers. Mais à la demande de la municipalité, l'administrateur du district interviendra et Guillaume Lohéac sera remercié. Puis les murs de l'abbaye vont commencer à s'écrouler, finalement rachetée par Léon Lorois qui achèvera la rénovation de l'abbaye en château, et rétablira le Pardon de Saint-Maurice en 1884. ""Dure cette maison jusqu'à ce qu'une tortue ait fait le tour du monde ou qu'une fourmi ait bu toute l'eau de la mer."" Cette inscription inscrite sur la porte de l'église abbatiale dénote un désir de pérenniser le sanctuaire mais une fois la guerre arrivée, la présence des nazis accéléra les choses puisque, d'abord occupants du château, ils se réfugieront dans la ""Poche de Lorient"" et, par-dessus la Laïta, canonneront la jolie demeure, seulement deux semaines avant la fin de la guerre. La propriétaire préfère abandonner les ruines. Quelle aubaine pour les ouvriers des Ponts et Chaussées ! Ils défont les murs du château pour utiliser les pierres à la construction du premier pont sur la Laïta. Les blocs de granit servent à consolider la culée. En 1954, François Mitterrand, alors Ministre de l'Intérieur, vient inaugurer l'édifice qui gardera le nom du moine bienfaiteur. Sur l’initiative de M. Cotten, recteur de Clohars-Carnoët, la salle capitulaire fut inscrite en 1956 à l'Inventaire des Monuments Historiques. En 1961, il la fit mettre hors d'eau. A la fin des travaux, le 22 mai 1961, le Pardon reprit en présence de Dom Alexis, Mgr Grimault, ancien évêque de Dakar, et d'une trentaine de prêtres. Puis l'abbé Martin eut l'idée très simple de déplacer la date du pardon au 2ème dimanche de juillet. Les fêtes du 8ème Centenaire de l'arrivée de saint Maurice à Carnoët ont été célébrées en 1980 avec un éclat particulier, en présence de deux évêques et des abbés bretons de Timadeuc, de Landévennec et de Kergonan. Dix ans plus tard naît l'association des ""Amis de l'Abbaye Saint-Maurice"", dont le but est de contribuer à la sauvegarde du site et de promouvoir une meilleure connaissance du passé historique et religieux de l'ancienne abbaye cistercienne. Sur sa demande, la commune de Clohars-Carnoët contacte le Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres, qui devient propriétaire du domaine en 1991, et qui a achevé depuis de nombreux travaux de réhabilitation en association avec la commune."
 
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Saint-Maurice de Carnoët
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