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Adresse |
Fondation Royaumont F-95270 Asnières-sur-Oise |
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La Fondation d'un jeune roi Abbaye royale, son origine remonte au testament de Louis VIII qui demande qu'une abbaye soit fondée à sa mort. Deux ans plus tard, en 1228, le jeune Louis IX, futur saint Louis, choisit d'édifier avec l'aide de sa mère Blanche de Castille l'abbaye de Royaumont. A 35 kilomètres au nord de Paris, le site est isolé, quoique déjà habité, et offre au cœur d'une zone marécageuse un potentiel hydraulique important. Saint Louis décide que l'abbaye sera cistercienne. Marque d'un statut exceptionnel, elle est directement rattachée à Cîteaux. La galerie ouest du cloître, devant les vestiges de la ruelle. Photo Henri Gaud. Richement dotée, sa construction - à laquelle saint Louis aurait participé de ses mains - est rapide: l'église abbatiale est consacrée dès 1235. Abbaye du 13e siècle, 599e fondation de l'ordre cistercien, elle est édifiée à l'époque des grands chantiers des cathédrales : l'église abbatiale, dont les dimensions sont comparables à celles de la cathédrale de Soissons, en reprend les nouveautés architecturales. Elle réussit ainsi à marier le faste royal avec le dépouillement de l'esthétique cistercienne. Du vivant de saint Louis, Royaumont connaît sa plus grande période de prospérité et compte jusqu'à 140 moines. Saint Louis restera toujours profondément attaché à son abbaye, sa première fondation, dans laquelle il enterrera trois de ses enfants et l'un de ses frères, faisant de Royaumont une nécropole familiale. Elle est le cadre de nombreuses scènes où l'on voit le roi rivaliser de piété et d'humilité avec les moines, ce qui lui vaudra le surnom de roi-moine. L'abbaye menacée Avec la mort de saint Louis cessent bientôt les exceptionnelles faveurs royales dont jouissait l'abbaye. La guerre de cent ans, les famines, précipitent sa ruine tandis que le nombre de moines ne cesse de diminuer. Le 16e siècle voit l'abbaye se redresser. Mais la quiétude des moines est bien vite troublée par la commende: à partir de 1549, l'abbaye de Royaumont est entre les mains d'abbés nommés par le roi qui pour la plupart ont plus à cœur de s'y divertir que d'en assurer le devenir spirituel. Royaumont devient une abbaye de cour et voit se succéder hôtes et personnages célèbres: ainsi en 1635, Louis XIII y danse un ballet champêtre de sa composition... Mazarin, puis Alfonse-Louis de Lorraine et François-Armand de Lorraine de 1651 à 1728, occupent successivement la charge d'abbé à Royaumont. Le dernier abbé commendataire, l'abbé de Ballivières, s'enfuit en 1789 avant d'avoir pu profiter du splendide palais abbatial qu'il s'est fait construire. Les dix moines restants quittent l'abbaye devenue bien national en 1790 et achetée en 1791 par le marquis de Travanet. Royaumont industriel et... romantique Le marquis exploite son potentiel hydraulique en y installant une filature de coton qui emploiera 300 ouvriers. L'église abbatiale est alors détruite, ses pierres servant à la construction des habitations des ouvriers logés sur place. En 1815 un industriel belge, Joseph Van der Mersch, rachète l'abbaye et relance l'activité industrielle. Parallèlement, il développe à Royaumont une vie mondaine qui draine la grande bourgeoisie parisienne attirée par son atmosphère romantique. Un ultime repreneur fait faillite en 1860. L'abbaye retrouve alors pour un temps sa vocation religieuse avec l'arrivée des sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux: elles y installent en 1869 leur noviciat et mènent à cette fin d'importants travaux de restauration qui doivent lui redonner la splendeur de son gothique d'origine. Un monument historique vivant En 1905, Jules Edouard Goüin se porte acquéreur d'une abbaye que les religieuses n'ont plus les moyens d'entretenir. En 1914 il met l'abbaye à la disposition de féministes écossaises qui y soignent 3000 blessés durant la guerre. Son petit-fils Henry Goüin et sa femme Isabel y développent des activités musicales qui préfigurent le grand centre culturel international qu'est devenue la Fondation Royaumont aujourd'hui. La Fondation Royaumont veut conserver et mettre en valeur le patrimoine que lui ont légué ses fondateurs, c'est un monument historique vivant. Au travers de ses programmes, la Fondation Royaumont soutient le travail des artistes dans les domaines de la formation professionnelle, de la recherche et de la création. Elle organise chaque année des sessions de préparation aux métiers du chant, ateliers de composition, séminaires de traduction, des séjours d'écrivains, de musicologues et de musiciens et des cycles de recherche musicologique. Aux visiteurs de l'abbaye cistercienne s'ajoutent les participants aux séminaires, les artistes et chercheurs invités à séjourner dans ce lieu propice au travail et à la réflexion. Ces activités sont diffusées auprès du public au travers des concerts de la Saison Musicale, des lectures de poésie et par l'édition d'ouvrages aux éditions Créaphis. L'ensemble des bâtiments, implanté dans un parc sillonné de canaux, est remarquablement conservé, et s'ordonne autour du plus grand cloître cistercien de France. L'abbaye est ouverte à la visite 365 jours par an et propose, pour les groupes, de multiples formules de découverte du monument. (source : http://www.royaumont.com ) |