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<h1>Koad Malouen</h1>
 
Coordonnées
 
Koad Malouen
Adresse Les Amis de l'Abbaye de Koad Malouen2 abbaye de Koad MalouenF-22480 Kerpert
Ville Kerpert
Région Bretagne
Pays / Région France
 
Téléphone +33 02 96 21 49 13
Télécopieur +33 02 96 21 49 13
 
Contact Marie-Claire Dolghin
 
E-mail marie-claire.dolghin@wanadoo.fr
 
Description
 
 


Historique :
 
Fondation et apogée : XII - XIII siècles

L'abbaye de Koad Malouen, abbaye cistercienne, a été fondée en 1142/1143. Elle était fille de l'abbaye de Bégard, elle-même fondée par l'abbaye de Cîteaux en 1130. Son nom primitif : Silva Melonis pourrait venir d'un ermite : Milon, qui aurait précédé les moines dans ce désert. Silva Melonis, dite encore « Notre Dame de la Bonté Dieu » a connu des orthographes diverses selon les traductions du nom latin : « Bois de Malouen », Coatmalouen, en français étant une adaptation du breton : Koad Malouen ou Koad Maloën ou Coët Maloën. L'origine de ce toponyme est encore controversée. C'était bien un « désert » que choisissaient les moines pour s'installer, dans une nature sauvage, près des forêts, loin du monde. Mais les sources abondaient et les moines allaient apprivoiser les lieux. On retrouve, tout autour de l'abbaye, les vieux murs de clôture et des anciennes retenues d'eau pour des étangs. Ces lieux sauvages se trouvaient aussi non loin de l'ancienne voie romaine, devenue « Grand chemin » qui reliait Tréguier à Vannes, une importante voie de communication. Il reste actuellement, de ce qui fut à l'époque un monastère florissant, des vestiges, pour la plupart du XVIII siècle, l'Eglise abbatiale et la façade du bâtiment des moines. L'abbaye a eu, comme bien d'autres, une longue histoire troublée. On a longtemps cru que sa destruction était le fait de la tourmente révolutionnaire. Des découvertes récentes permettent de corriger cette erreur historique : vendue comme bien national après la Révolution, en 1806, elle a été démantelée par les premiers acheteurs qui ont construit avec ses pierres un manoir près de Lannion dont l'ordonnance permet de se faire une idée des anciens bâtiments.

La charte de fondation fût octroyée par Alain Le Noir, deuxième du nom, Comte de Penthièvre et de Richemond, en date du 27 juin 1142, sur la terre « Pleiant ou Pligeau » (aujourd'hui Saint Gilles Pligeaux), en la trève de Kerpert. Le Duc Conan IV, dit Le Petit, son fils, confirma cette donation vers 1160.

L'abbaye possédait, outre les terres de Saint Connan, données par Alain Le Noir, les terres de Kertanguy données par Roaut Pot. Elle se trouvait dans le diocèse de Cornouaille, mais, étant fondée sur une dépendance d'Avaugour, elle était soumise à la juridiction de l'évêque de Tréguier. De plus une partie des terres appartenait à une famille importante de Quintin, bourg voisin. Dès le début, les appartenances temporelles et spirituelles étaient contradictoires, par des donations multiples, la dépendance envers l'évêque de Tréguier plus qu'envers celui de Cornouaille. Tout ceci créait une situation ambiguë.

Durant le XIII siècle, l'abbaye s'enrichit, et connût l'épanouissement des débuts de l'ordre cistercien. L'obéissance à la règle de Saint Bernard était stricte, prière et travaux occupaient la vie des moines.

Malheureusement peu de sources illustrent cette période, et il ne reste pas, de cette époque, de vestiges architecturaux, si ce n'est d'anciens murs dont beaucoup sont enfouis dans la verdure. Chaque année l'abbé de Bégard venait visiter sa « fille » et contrôler son administration, tant au spirituel qu'au temporel.

En cas de vacance du siège abbatial, l'abbé de Bégard prenait en main le gouvernement et le conservait jusqu'à l'élection d'un autre abbé par les moines. Tous les ans, l'abbé de Koad Malouen était tenu de se rendre à Cîteaux pour assister aux délibérations, s'y entendre reprendre et s'y voir punir s'il en était besoin. Ainsi, en 1210, l'abbé est accusé de ne pas avoir obéi à son visiteur dans les ordres, qui lui avait ordonné de faire sortir de la maison certains parents de ses religieux. Il est condamné, après enquête sur son cas, à six jours de pénitence en coulpe légère, dont deux jours au pain et à l'eau (1).

L'abbé de Koad Malouen devait aussi faire un voyage annuel à Bégard : visite de bienséance à la maison mère.

Un certain déclin, du XIV au XV siècle

Au XIV siècle, l'abbaye connaît un certain déclin en raison de problèmes politiques, en particulier pendant la guerre de succession en Bretagne. Mais en 1364, la paix revient en Bretagne et une reconstruction ainsi qu'une restauration des bâtiments ont lieu. De plus en 1421 des protections ducales, puis royales lui sont accordées. Toutefois ceci ne règle en rien les différents litiges que l'abbaye connaît depuis sa fondation. Tout le long du XVI siècle le déclin de l'abbaye continue. Elle est victime à la fois de la commende et des guerres de religion. La commende, imposait à la tête du monastère, dont l'administration temporelle et spirituelle laissait à désirer, un personnage étranger à l'ordre. Cette pratique date de François 1er, en 1516, qui avait obtenu du pape Léon X le droit de donner la plupart des abbayes du royaume en commende à des ecclésiastiques séculiers ou même à des laïcs. Ceux-ci pouvaient toucher des revenus sur les abbayes sans être tenus d'y résider, ni d'y vivre la profession religieuse. Cette pratique causera la ruine morale autant que matérielle de nombreuses abbayes. Les guerres de religions ensuite parce que la baronnie de Quintin, héritière pour partie de l'ancienne châtellenie d'Avaugour, était en effet un fief huguenot. Concrètement, nous trouvons en 1509 l'abbé de Bégard, Guillaume l'Epervier faisant fonction d'administrateur de Koad Malouen ; ce fût sans doute, pendant la vacance du siège entre les abbés Jacques de Kerbihan, pourvu en 1502 et Tristan Dolo, pourvu en 1510. Celui-ci était provincial des frères prêcheurs de Bretagne ; son accession au siège abbatial de Koad Malouen est un signe caractéristique de ces temps troublés, où il semblait que fussent oubliées toutes les règles du droit. Peu après, et ceci nous indique que l'état du temporel ne devait pas être très brillant, notre abbaye est reconnue débitrice de 500 livres envers Pierre, Abbé de Bégard. En 1532, le siège de l'abbaye étant vacant, les revenus de l'abbaye furent saisis. Ainsi l'autorité civile s'emparait du temporel des monastères sans titulaires, l'administrait et jouissait des revenus pendant la vacance, conséquence de la commende. A la même époque, l'abbaye avait Droit de Haute, Moyenne et Basse Justice, s'exerçant à l'Etang Neuf, là où se trouvait, avec l'hospice, d'autres dépendances du monastère. A la fin du XVI siècle, nous voyons accéder au siège abbatial de Koad Malouen, un membre de la grande famille de Lorraine, devenu cardinal par la toute puissance des Guise auprès du Roi. Face à la menace des temps troublés de la Réforme, la plupart des religieux désertèrent l'abbaye qui sombra alors dans un grand désordre.

Le XVII siècle : une tentative de retour à la vie monastique

En 1600, L'Ordre de Cîteaux prescrivait la visite et la réformation de tous les couvents de France. Les abbés commendataires durent justifier leurs titres, rassembler et mettre en sécurité leurs archives. Un syndic, nommé dans chaque maison, devait en assurer la gestion. Dom Denys Largentier délégua un visiteur pour la Bretagne. A Koad Malouen, l'évêque de Verdun, cardinal de Lorraine étant un personnage important, le visiteur se contenta de constater la bonne gestion du site. Cependant l'abbé de Cîteaux, voulant rétablir la discipline, rencontra quelques difficultés. En effet, il fut enfermé par les moines révoltés dans une salle du monastère et parvint à faire avertir un officier du Roi dans le voisinage, qui courut à Guingamp obtenir l'aide de la maréchaussée. « Celle-ci fit opérer une perquisition dans l'abbaye et délivrer le malheureux à la grande déconvenue des rebelles qui furent finalement contraints de quitter le monastère ou de se plier aux prescriptions de l'Ordre. L'étroite observance ne fut rétablie à Koad Malouen qu'en 1613. Elle devait y régner tout au long du XVII siècle. »(2) Mais, dans la deuxième partie du XVII siècle, la situation financière de l'abbaye se dégrade. Les conflits se développent, tant avec les abbés commendataires, qu'avec les paysans vassaux qui se révoltent plusieurs fois, et avec la baronnie de Quintin. Les bâtiments se dégradent et l'abbaye s'enfonce dans les procès. Lors d'une révolte, en 1659, des vassaux parviennent à s'introduire dans la procure du monastère et à y mettre le feu, faisant disparaître avec les anciens titres, toute trace de procédure contre eux. Les moines de l'abbaye obtiennent alors le soutien de l'abbé Broustel, abbé de Coatmalouen de 1662 à 1673, aumônier et confesseur de la reine. Ainsi, une lettre signée du 2 février 1664 donne la permission de Louis XIV de faire couper les bois de l'abbaye, jusqu'à concurrence de 25000 livres (3). Des devis sont élaborés qui ne reçoivent pas l'assentiment du Parlement de Bretagne, celui-ci estimant les frais trop élevé, et limitant le produit des coupes de bois à 9000 livres. En 1674 François Gobelin, également aumônier du Roi, prend la suite de l'abbé Broustel. Mais il abandonne l'abbaye, sans chercher à faire exécuter les travaux de restauration. Celle-ci, noyée par les problèmes économiques et judiciaires ne connaîtra pas la renaissance espérée.

La décadence

A la fin du XVII siècle, les religieux, les héritiers de François Gobelin et le nouvel abbé, Pierre Oger de Cavoye, son successeur, se renvoient les uns aux autres les dettes de l'abbaye, ou refusent d'exécuter leur engagements. Il s'en suit une série de procès.

Les travaux sont repris cependant à partir de 1709 et seront poursuivis jusqu'en 1752, grâce à l'abbé Jean-Joseph Languet qui devint évêque de Soissons puis archevêque de Sens. Durant cette période, la mésentente s'aggrave avec les vassaux, jusqu'à une émeute ou de nouveau la procure de l'abbaye est envahie et incendiée (nuit du 6 au 7 juillet 1714). Les émeutes se multiplient : 1718 ,1719, 1724, 1733. Enfin, en 1746, une église abbatiale moderne est construite, dont la façade classique est conservée de nos jours, ainsi que le chevet arrondi.La date de la reconstruction du logis monastique reste incertaine puisque celui-ci est déjà représenté sur un plan de 1746 : plans de la grande façade du nouveau palais, avec ses seize ouvertures sur deux étages, plans de l'ensemble des bâtiments du cloître, plan de la nouvelle église. En 1782 Jacques Piou, ingénieur des ponts et chaussées,dresse un devis pour des travaux d'entretien ou de restauration,qui donne une idée assez précise de l'état de l'abbaye à cette époque. L'expertise réalisée par le notaire Yves Loyer avant la vente de 1806 en rend aussi compte : les bâtiments de l'abbaye étaient au complet, quoique nécessitant des réparations. Ainsi ce n'est pas la Révolution qui a détruit l'abbaye mais en 1783 seulement quatre moines y demeuraient et La Révolution marque la fin de la vie monacale dans les bâtiments.L'abbaye est vendue en 1806 Monsieur Le Lepvrier, juge au Tribunal d'Instance de Guingamp, qui demande une autorisation d'en détruire une partie pour "entretenir le reste". Après sa mort son gendre, Conan de Relar, construit le manoir de Trégrom avec les pierres de Coet Maloën et laisse l'abbaye à l'abandon. Vingt ans plus tard (la date est encore incertaine, des recherches sont en cours) le notaire Yves Loyer, qui en avait dressé l'inventaire, en fait l'acquisition. Sa famille est toujours propriétaire des ruines de l'édifice et a assuré leur protection depuis.

Une nouvelle vie pour l'abbaye

Une association (loi 1901), Les Amis de l'Abbaye de Koad Malouen, F-22480 Kerpert, a été créée en 1993 pour assurer la conservation, l'entretien et l'éventuelle restauration des vestiges, ainsi que les études historiques ou archéologiques les concernant, et les activités culturelles et cultuelles qui pourraient s'y exercer.

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Notes

(1) Abbé de Tamié, Notice sur l'abbaye de Coat Maloën, éditée par le Lt-Colonel Loyer.

(2) Michel Duval, « Une abbaye bretonne aux deux derniers siècles de l'ancien régime : Coatmalouen » Mémoires de la Société d'histoire et d'Archéologie de Bretagne, tome LXIII – 1986

(3) Archives I et V, 1 Ba 22 folios 444 verso et 445 recto.

(4) André-Yves Bourgès, « Notes sur l'abbaye de Coatmalouen » Pays d' Argoat, Revue d'Histoire et d'Archéologie des cantons d'Argoat, N° 16, 2° semestre 1191.
 
Exposition permanente :l'exposition porte sur l'histoire de l'abbaye, la vie cistercienne et l'évolution architecturale des bâtiments. En 2005 elle s'est enrichie de deux nouveaux panneaux, et en 2006 d'un panneau sur le manoir du Gouer construit avec des éléments de démolition de l'abbaye. Elle se visite aux heures d'ouverture des expositions et sur RV.

Concert à l'abbaye : dans le cadre du " Tro ar chapeliou"
organisé en partenariat avec l'office du tourisme du Kreiz Breiz, le jeudi 15 juillet à 18 heures : visite et conférence sur le cloître "Une évocation du jardin d'Eden", 19 heures 30 : collation, 21 heures Concert : Ecole de musique de Rostrenen et Duo Barbedette Quenderff.
 
 
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