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Breuil-Benoît (Le)
Coordonnées
Breuil-Benoît (Le)
Adresse
Abbaye du Breuil-BenoîtF-27810 Marcilly-sur-Eure
Ville
Marcilly-sur-Eure
Région
Normandie (Haute)
Pays / Région
France
Téléphone
+33 (0)2 37 43 00 30
Télécopieur
+33 (0)2 37 43 54 42
Contact
Régis Martin
E-mail
Regis.Martin.Acmh@wanadoo.fr
Description
Situation géographique :
80 km O. Paris.
10 km N. Dreux.
Conditions d'accès :
Visite intérieure de l'Abbatiale guidée sur rendez-vous pour les groupes (10 personnes). Tarif : 5 €/pers.
Gratuit pour les adhérents de l'association “L'Abbatiale“
Visite extérieure (parc avant la grille) en accès libre
Histoire :
En l'an 1098, saint Robert, abbé de l'abbaye clunisienne de Molesme, voulant rendre à la règle de saint Benoît son austérité primitive, fonda à Cîteaux, près de Dijon, l'ordre des Cisterciens, qui rapidement, essaima partout en France, surtout sous l'influence de saint Bernard, abbé de Clairvaux.
Foulques était alors Seigneur de Marcilly (Marcilleium en latin).
En 1137, il appela des religieux de l'abbaye des Vaux-de-Cernay, fille de Savigny, pour fonder dans un endroit appelé "Le Breuil" (Bois-taillis), une abbaye qui prit le nom d'abbaye du Breuil-Benoît. Dans la charte de fondation, Foulques donna aux moines des terrains pour la construction du monastère, des près (de l'Ourme), un moulin et le droit de pêche dans le ruisseau qui l'alimentait.
En 1147, l'abbaye du Breuil-Benoît est rattachée à Cîteaux avec toute la congrégation de Savigny. La même année, Guillaume de Marcilly, fils de Foulques, partit avec la deuxième croisade, dirigée par le roi Louis VII et dont le pape Eugène III confia la prédication à saint Bernard. La croisade échoua et Guillaume fut fait prisonnier par les sarrasins. Selon la légende, il fit le vœu, s'il était délivré, de faire construire une église dans le monastère fondé grâce à son père.
Guillaume, revenu dans ses terres de Marcilly, tint sa promesse et fit construire à partir de 1190 une église qu'il mit tous ses soins à embellir et enrichir. Il y fut inhumé et sur sa tombe, dans une chapelle situé près de la sacristie, on pouvait encore lire avant la Révolution cette épitaphe: "Ci gît Monseigneur Guillaume de Marcilly, fondateur de cette chapelle, fils de Monseigneur Foulques, jadis fondateur de cette abbaye qui trépasse en l'an de grâce MCC (1200)."
Cette église abbatiale, qui subsiste encore aujourd'hui, ne fut terminée qu'en 1224, année de sa consécration sous le double vocable de la Vierge et de saint Jean Baptiste, par Richard, évêque d'Évreux, et Gauthier, évêque de Chartres. Ceux-ci affectèrent au frais d'habillement des moines, les revenus de la paroisse de Marcilly.
C'est à partir de cette date que les abbés du Breuil-Benoît furent les patrons de l'église de Marcilly. L'abbé de l'époque était Vincent. En1235, Thibaut de Marly, de la maison de Montmorency lui succéda, et se fit connaître par de si grandes vertus qu'il fut mis au rang des Saints après sa mort en 1247.
En 1421, après s'être emparé de Dreux, les troupes de Henri V, Roi d'Angleterre, occupèrent le Breuil. Les moines furent assassinés, l'église brûlée et les bâtiments conventuels saccagés. Les Anglais se retranchèrent dans l'abbaye pour continuer le siège du château fort de la Robertière édifié par Robert 1er de Dreux où s'étaient réfugiés des troupes drouaises sur la rive opposée de l'Eure. Le siège dura plusieurs mois et la Robertière fut détruite.
L'abbaye fut reconstruite et les moines s'y installèrent.
A partir de 1551, l'abbaye fut soumise au régime de la Commende (les abbés successifs en eurent le titre et les bénéfices sans en exercer la charger).
En 1689, l'abbaye ne comptait plus que quatre moines réguliers.
Le dernier abbé du Breuil (1763-1790) fut Denis Peguilhem de Larboust, grand maître honoraire de la Chapelle du Roy, membre du Conseil Royal. En 1769, il ne restait plus que deux moines à l'abbaye.
En 1790, le monastère fut fermé et les biens morcelés furent vendus. Avant la vente, les autels, grilles, tombeaux et cercueils en plomb furent déplacés à Marcilly. Le monument fut partagé en cinq lots attribués dès février 1791 à un certain M. Outrequin puis à M. Semillard (mars 1791) qui les revendit à M. Duchemin le 29 août 1793. Les biens furent cédés ensuite à M. Drouin (septembre 1793). Cette même année, les objets du culte et les cercueils furent profanés, volés, dispersés...
L'église abbatiale fut en partie détruite: on démolit les transepts pour employer les pierres comme matériaux de construction. Puis on laissa se dégrader les voûtes du chœur. Ensuite les bâtiments furent entre les mains de M. Dandé puis de la Baronne Locard tandis que les terres appartenaient au baron Émilien Desmousseaux de Givré, sous-préfet de Dreux (le domaine comportait alors encore environ 200 ha).
En 1842, le Compte Gustave Armand Henri de Reiset acquiert le Breuil. L'église, à cette époque, servait de grange. Restaurée en partie, elle fut rendue au culte et consacrée le 8 novembre 1854 puis transformée en musée par M. de Reiset. Celui-ci la remplit des souvenirs rapportés des ses voyages lorsqu'il était ministre plénipotentiaire de Napoléon III. Il était possible d'y admirer de nombreux tableaux et des statues anciennes.
A sa mort en 1905, l'église fut transmise aux héritiers de Reiset. Elle ne fut guère entretenue pendant la seconde moitié du XXe siècle. pendant les quinze dernières années, les objets d'art furent dispersés et la construction tomba en état de péril majeur. Elle fut classée par les Monuments Historiques le 17 décembre 1993 et acquise en 1995 par M. et Mme Régis Martin qui en assurent actuellement la restauration.
LES VITRAUX DE L'ABBATIALE DU BREUIL-BENOÎT
Il ne reste rien des vitraux d'origine du Breuil-Benoît. Bien que les archives et les articles sur l'abbaye restent muets sur le sujet, on peut facilement imaginer pour l'abbatiale de sobres grisailles, comme le voulait la stricte observance Cistercienne. Avec le temps et l'assouplissement de la Règle, des œuvres plus élaborées ont dû orner les baies, que seule l'imagination de chacun peut aujourd'hui recomposer.
L'observation des lithographies représentant l'abbatiale avant la restauration de REISET, montre la présence de comblements en maçonnerie dans les baies. Il est vraisemblable que ces fermetures existaient dès avant la Révolution car la baie du transept Sud porte encore ces vestiges de maçonneries et la fenêtre ouest du transept sud est encore fermée de cette façon.
La disparition des verrières d'origine ne veut pas dire que l'abbatiale n'a pas aujourd'hui de vitraux anciens. Le Comte de REISET a comblé cette lacune par l'achat de divers panneaux dont on ne connaît malheureusement pas la provenance. Remployés dans des verrières contemporaines, ces fragments du XVIe ou XVIIe siècle font parfois l'objet d'interprétations abusives. Ainsi, les deux panneaux de la baie 11 sont censés illustrer le miracle de Guillaume de Marcilly, mais leur thématique s'avère peu compatible avec la légende du fils de Foulques.
Le procédé est habituel au Comte, qui l'utilise aussi dans l'ancien logis abbatial. Il fait partie de sa conception de la restauration; entre mise en scène et relecture historique.
Mais à partir de 1860, c'est un véritable programme de verrières (plus de 160 m2) qui est commandé par le Comte pour l'embellissement de la nef, du chœur et de la sacristie de l'abbatiale. Il fait appel aux maîtres-verriers Eugène MOULIN (baies 7, 10, 11), DUHAMEL-MARETTE (baies 0, 5 et 8) et au CARMEL DU MANS (baies 14, 12, 18, 19, 21, 23 et l'ensemble des fenêtres hautes de la nef)1.
L'atelier Manceau qui fabrique pour le Breuil dix-huit vitraux, est créé en 1853. Le « Carmel » acquiert vite une situation de monopole en Sarthe, tant par la qualité de ses collaborateurs (comme le nazaréen OVERBECK2), que pour le nombre important de ses employés et sa dimension internationale.
Le secret de fabrique du « carmin », nom donné à une solution technique de transposition du carton au support verre, ajoute à son prestige.
Lorsque les religieuses vendent leur établissement en 1873, l'affaire revient à Edouard RATHOUIS, le neveu de la mère prieur. RATHOUIS diversifie ses activités en faisant de la restauration, mais garde le nom de « Carmel du Mans » et la technique du « carmin ». Malgré tout, le style tend à s'affadir et cette inclination ne fera que s'accentuer lorsque l'atelier sera revendu en 1876 à Eugène HUCHER. Ce dernier n'héritera que du nom, et jugeant le « carmin » démodé, ne l'utilisera plus. L'entreprise disparaît en 1903 avec la mort du fils de HUCHER, dernier dirigeant de l'établissement.
Les vitraux du Breuil-Benoît ne portent pas de dates, mais sont signés « Carmel cenom» . Cette mention fut utilisée lorsque la fabrique appartenait encore aux carmélites, au moment où la qualité de la production était la meilleure. À cette époque l'établissement était dirigé de manière collégiale : l'abbé LOTTIN, prêtre et archéologue de renom, se chargeait de l'élaboration des programmes iconographiques, son ami Eugène HUCHER était le directeur artistique, et les sœurs se chargeaient de traiter avec les commanditaires.
Pour les fenêtres hautes du Breuil-Benoît, l'atelier du Carmel s'est inspiré des cartons des vitraux de l'église conventuelle de RUILLE-SUR-LOIR en Sarthe. Les religieuses avaient commandé leurs vitraux au Carmel en 1858. Ils ont été conçus sur les modèles dessinés à Rome par des artistes Nazaréens.
Si les vitraux du Carmel au Breuil-Benoît ne sont pas des « vitraux archéologiques », ceux des fenêtres hautes de la nef s'inspirent d'œuvres du XIVe siècle dans le traitement des dais architecturés et des fonds colorés.
L'atelier DUHAMEL-MARETTE, très présent dans le département de l'EURE et en BASSE-NORMANDIE, est le résultat de l'association entre Louis-Gustave DUHAMEL, formé chez Théodore BERNARD, et l'artiste ébroïcien MARETTE.
Duhamel dirigea l'atelier à partir de 1856 sous le nom de Duhamel-Marette. Il œuvra à la fois dans le domaine de la création et de la restauration4.
Le comte de Reiset fit plusieurs fois appel à lui, à la fois pour l'église de Sorel-Moussel en 1890 et 1892 (3 verrières de style XVIe siècle et une de style XVe siècle) et dans l'ancien logis abbatial en 1892 (16 blasons avec leurs devises)5. Dans l'abbatiale, il signe deux vitraux Renaissants de belle facture, dans le style chatoyant et ornemental qui est le sien.
En 1866, le maître-verrier Eugène MOULIN réalise pour le Breuil une verrière « archéologique » dans le style du XIIIe siècle (n°7). Le vitrail n°10 qui lui sert de pendant peut aussi lui être attribué.
Le travail de cet artiste Drouais demeure peu documenté, mais on retrouve quelque-uns de ses vitraux dans les églises de Chavigny, de Saint Georges-Motel6 et à Saint-Pierre de Dreux.
Le reste de la production du XIXe siècle est anonyme.
1 Les vitraux ont dû être installés entre 1866, la date la plus ancienne portée au bas de la baie n°7, et 1894, la date d'exécution la plus récente pour le vitrail 0 (les voûtes du chevet sont achevées en 1895). Notons qu'à partir de 1870, les vitraux du Carmel du Mans ne seront plus signés comme au Breuil-Benoît « carmel cenom ».
2 Principal fondateur du mouvement Nazaréen, Overbeck (1789-1869) regroupe autour de lui à Rome de jeunes peintres allemands, dont l'art se réfère aux maîtres du Quattrocento (M. Laclotte, Petit Larousse de la peinture, Paris, Larousse, 1979, p. 1273-1274).
3 Information transmise par S. Arrondeau. Sur l'histoire du Carmel, S. Arrondeau, La fabrique de vitraux du Carmel du Mans (1853-1903), thèse de doctorat, 1996-1997, Villeneuve d'Ascq, PUF, 1999, 2 vol.
4 Corpus Vitrearum. Les vitraux de Haute-Normandie, Paris, CNRS, 2001, p. 63. A titre d'exemple, restaurations ponctuelles à la cathédrale d'Evreux (idem p. 143-160) et création dans les églises de St-Maurice d'Etelan ou Villequier (idem, p. 418 et 435).
5 A.D Eure : 75 J art 1. Fonds Duhamel-Marette. Comptes de 1887 à 1899.
6 Corpus…, p. 126 et 201.
Dimanche 10 JUIN 2012 à 15 h
CONFÉRENCE Christian PALLATIER, Historien d'Art
Quel effet ça fait d'être amoureux d'une oeuvre d'art ?
Entrée : 10 €
Samedi 30 JUIN 2012 à 20 h 30
CONCERT TRIO MÉLODIVINES
Lucile Komites, mezzo-soprano, Céline Madrènes, soprano colorature, Margaux Toqué, soprano
Trois voix de femmes, très pures et très belles, dans l'interprétation a capella d'oeuvres sacrées et baroques (JS Bach, César Franck, Pergolèse, Vivaldi, Offenbach, Mozart, Rossini, Saint-Saëns, Gounod ...)
Entrée : 20 €, pour les moins de 18 ans : 10 €
Tout public
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